vendredi 30 janvier 2009

Le portage salarial conserve l’esprit entrepreneurial


Cette phrase est la conclusion d'un billet publié hier par Xavier de Mazenod, dans zevillage.net*. Titré "Le statut d’auto-entrepreneur favorise-t-il la création d’entreprise ?", le billet explique notamment qu'il n'est pas du tout sûr que "ce nouveau dispositif [favorise] la création d’entreprises pérennes porteuses d’emploi …", car "il y a une grosse différence entre créer une structure pour un travail d’appoint et prendre le risque d’une création principale d’activité. Et la différence réside justement dans le “risque” qu’on accepte de prendre dans une création d’entreprise, petite ou grande. Sans compter que la protection sociale du statut d’auto-entrepreneur est mauvaise car elle est faite pour des gens qui sont déjà couverts par un autre statut".

L'esprit d'entreprise ne souffle pas forcément là où on le pense. Il y a aussi les professionnels qui choisissent le portage salarial pour tester leur activité et leur marché, ou pour en faire une entreprise de conseil pérenne.

(*) thevillage.net est le blog associatif du télétravail dans l'Orne.

jeudi 29 janvier 2009

A propos de la TVA

Merci à tous pour votre ardeur à communiquer.
Quelques précisions et commentaires à Dominique Herckel Stéphane Bouju, Charly Polo.
Au sujet de la TVA ; nous avons constaté que l'absence de TVA influençait la formation du prix chez des formateurs notamment lorsqu'ils facturent des associations. En effet nous constatons que lesdits formateurs ont tendance à facturer un prix TTC et à encaisser ce qui aurait représenté le montant de la TVA. Je suis d'accord avec vous pour ne pas en faire une généralité et considérer que cette question n'est pas de même hauteur que les autres points soulignés. Par contre la non possibilité de récupérer la TVA sur les frais et investissement doit être prise en compte dans le bilan.
Pour ce qui est de jouer un statut et l'autre à la fois, il faut compter avec l'assurance responsabilité civile professionnelle, les points retraite (AGIRC et ARCO) et bien entendu l'accueil des clients.
Qui va emprunter ce statut ? Quelle image les intervenants vont-ils lui donner ?

Je pense que nous sommes au début d'une longue histoire dont les conséquences ne sont pas encore mesurables au niveau de l'Etat. Les syndicats patronaux et de salariés sont inquiets. Non pas parce qu'il y a quelque chose de changé dans leur univers mais, parce que beaucoup de dérives sont prévisibles. Surtout comme certains d'entre vous le soulignent dans leurs intentions, une dérive de la solidarité sociale qui peut être préjudiciable à tous car les situations ne sont pas stables. Au final on peut se demander si ce statut sera source de richesse ou de prolétarisation. Soyez à l'écoute de ce qu'en feront les employeurs des secteurs où les prix sont particulièrement tendus au cours de ces prochaines semaines.Leur attitude pourrait lever le voile sur un avenir que nous pourrions regretter.

Roland Bréchot

mardi 27 janvier 2009

Débat récent à propos des auto-entrepreneurs sur BFM


Dans l'émission Grands Débats sur BFM, animée par Nicolas Doze, on a eu plein d'approximations et même des contre-vérités (par exemple un intervenant a dit qu'on peut être plombier et se prétendre avocat en créant son entreprise sans contrôle !?). La crainte étant que l'amateurisme prévale, surtout lorsque les professions libérales seront ajoutées fin février aux activités "auto-entreprenables".

Naturellement, ici comme ailleurs, les professions réglementées ne peuvent pas s'exercer à la légère ! Les Ordres veillent au grain : avocats, médecins, architectes, experts comptables, etc.

Pour écouter l'émission depuis le site de BFM : ici, émission du 19 janvier (1h de podcast). Si l'émission n'est plus disponible ou si vous voulez vous épargner la pub et les journaux, j'ai fait le montage : ici (37 minutes).

On y confirme principalement que c'est un statut de complément ou de transition.

Portage et auto-entrepreneur ne s'opposent pas : ils se complètent.

Facturer comme auto-entrepreneur est une solution pour des prestations destinées à des particuliers ou des assos qui ne récupèrent pas la TVA. De même, pour des prestations hors du champ d'une société de portage salarial (non intellectuelles, dans le cas d'ITG et des sociétés du SNEPS) et/ou non assurées par la Responsabilité Civile Professionnelle.

Profiter pleinement des services des "porteurs" les plus sérieux, c'est incontournable pour les consultants, formateurs, experts métiers ou prestataire de services à forte valeur ajoutée. Si on veut en faire son activité principale, tester son marché est plus facile, plus sécurisé et moins solitaire.

Ironiquement, le portage salarial — pour ces professionnels autonomes — est un meilleur tremplin pour créer son entreprise de conseil, que l'auto-entrepreneur.

lundi 26 janvier 2009

AUTO ENTREPRENEUR : EST-CE UNE PANACEE ?

Le nouveau statut d'auto entrepreneur n'est pas encore ouvert à l'activité du conseil. On parle de fin février pour que cette possibilité soit accessible. Quels en seront les avantages pour ceux qui s'y intéressent ? Il est certain que pour une activité occasionnelle dans ce domaine ou une opportunité relevant d'un métier connexe (formation, graphisme...) la communication publique peut être convaincante. En effet elle donne tous les arguments positifs de cette formule : un faible coût et une charge administrative quasi inexistante. What else ? Il est certes tentant et bien naturel, de rechercher les meilleures astuces pour gagner plus sans s’encombrer de tracas administratifs. Mais réfléchissons plus avant aux questions que pose la formule: · Première limite, le plafond de 32 000 €, réserve la formule à ceux qui n’entendent pas tirer plus de 2000 € par mois de leur activité, de plus, n'est-ce pas tendre une perche au client et lui donner l'envie de limiter la mission à ce montant alors qu'elle vaudrait plus en réalité ? · La TVA n’est pas applicable donc, le client ne la récupère pas. Va-t-il apprécier de perdre 19,6 % (6272 €) de TVA à récupérer ? En effet, dans ce cas, souvent le prestataire considère le prix de marché et assimile le montant hors taxes au TTC… · Une image difficile à défendre : aux yeux du client, quelle est la pérennité du positionnement professionnel en tant qu’auto entrepreneur ? · L'intervenant qui engage des frais ou bien qui compte sur ce coup de pouce financier pour investir un peu dans son matériel informatique ne sera pas en mesure non plus de la récupérer. · L’intervenant a peu de chance de souscrire une assurance (assurance responsabilité civile professionnelle). En effet, il est difficile de trouver un assureur pour un montant aussi limité et, si par exception on y parvient, la prime est nécessairement prohibitive. · Que va-t-il se passer en cas d’impayé ? Si la mission n'est pas payée, l'auto entrepreneur aura peu de poids vis à vis d'une entreprise structurée qui refuse de payer. · Pour ceux qui ne bénéficient pas d’une complémentaire santé à des conditions avantageuses, ce n'est pas en tant qu'auto entrepreneur qu'ils pourront négocier un tarif groupe avec une mutuelle. · Pas non plus de prévoyance : protection en cas de décès, invalidité, incapacité. · Pas d’indemnité journalière CPAM en cas de maladie. · La cotisation de retraite est très faible, ne sont assurées que les trimestrialités de la CNAV. A quel taux par rapport à la cotisation normale ? Ou plutôt avec quelle décote ? · Pas de retraite complémentaire... · Pour ceux qui veulent développer une activité pour remplacer un emploi ‘classique’, l’auto entrepreneur n’a pas accès à des formations au travers du DIF, etc. Les formations sont payées au plein tarif (sans TVA récupérée) ! · Pas d’effet réseau ni de convivialité organisée : l’auto entrepreneur est seul. · L’auto entrepreneur ne bénéficie pas non plus du référencement d’une organisation telle qu’une grande entreprise de Portage Salarial. En définitive, cette formule présentée comme une innovation n’est qu’un aménagement du régime de la micro entreprise. Il convient donc de bien réfléchir avant de prendre une décision, le bon choix est celui qui est fait en connaissance de cause, cette information devrait y participer. Une autre solution est de faire passer la mission par une société de portage. Voir : http://www.itg.fr Roland Bréchot, Directeur Général